
Toni Sailer, héros du ski autrichien, à Cortina en 1956. © Ski Tracks Collection
Cortina d'Ampezzo 1956 : Jeux olympiques d'hiver sous le signe de la télévision
Le tourisme hivernal en Italie a connu un essor considérable après la Première Guerre mondiale. La popularisation du ski, encouragée par l'armée, y a contribué, tout comme l'intégration du Tyrol du Sud, qui offrait des conditions favorables aux sports d'hiver.
05 février 2026
De : c.thöny
Cortina d'Ampezzo, dans les Dolomites, est devenue un centre important, accueillant les championnats du monde de ski alpin en 1932 et 1941 (ce dernier fut cependant annulé par la FIS en raison de la Seconde Guerre mondiale, car toutes les nations n'y participaient pas).
Le comte Alberto Bonacossa, membre italien du CIO et alpiniste et skieur accompli, avait perçu le potentiel des Jeux olympiques d'hiver pour le développement du tourisme. Proche de Mussolini, il s'efforça d'obtenir l'organisation des Jeux en Italie. Cortina fut effectivement choisie pour 1944, mais les Jeux furent reportés en raison de la guerre. Après la guerre, le comte redoubla d'efforts, qui finirent par porter leurs fruits en 1949 : lors de l'Assemblée des délégués, le Comité olympique d'hiver vota contre Montréal en faveur de la station des Dolomites. Malheureusement, Bonacossa ne vit pas son rêve se réaliser, puisqu'il mourut en 1953.
Établir de nouvelles normes
Comparées aux Jeux olympiques d'hiver qui débutent aujourd'hui, les Jeux de 1956 paraissent naturellement modestes. À l'époque, le nombre d'athlètes participants ne représentait qu'environ un dixième de celui des Jeux actuels. Pourtant, de nouvelles normes ont été établies à bien des égards. Cela vaut également pour le plan symbolique, comme en témoigne le fait que la skieuse Giuliana Genal Minuzzo est devenue la première femme à réciter le serment olympique lors de la cérémonie d'ouverture.La cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 1956.
Pendant des décennies, Cortina d'Ampezzo a bénéficié de la renommée acquise grâce aux Jeux olympiques d'hiver de 1956. Cela s'explique principalement par le fait qu'il s'agissait du premier événement de ce type à être retransmis en direct à la télévision. En Autriche, les témoins se souviennent encore des séances de télévision collectives de cette année-là, que l'on qualifierait aujourd'hui de « télévision publique ». Dans les pubs et lors des réunions de quartier, les trois médailles d'or de Toni Sailer furent particulièrement célébrées, contribuant manifestement de manière significative à la confiance en soi des habitants de la jeune Seconde République. Les images télévisées enregistrées furent acheminées par avion vers l'Amérique, les satellites n'existant pas encore. La couverture médiatique y différait considérablement de celle des pays du bloc de l'Est, les Jeux d'hiver étant fortement influencés par les enjeux politiques de la Guerre froide.Modifier le profil
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